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Top 5 des expressions parisiennes insolites

Vous en avez assez d’employer les même expressions que tout le monde ? On a trouvé pour vous, parmi les expressions parisiennes historiques, les plus insolites et on vous explique leur histoire !

1 – Avoir des lettres de Cracovie 

Cas d’usage : « Je pense qu’elle a des lettres de cracovie, je ne crois pas du tout à ses histoires ! »

Mais d’où ça vient ? D’un marronnier situé à proximité de la Galerie Montpensier qui avait l’étrange particularité d’attirer sous ses branches des colporteurs de nouvelles et des savants que l’on surnommait les « cracovistes ». En raison de cette fréquentation, les parisiens ont rapidement surnommé ce marronnier « arbre de cracovie ». Cette déformation étant probablement liée à la proximité avec le verbe « craquer » qui renvoie au fait de propager des mensonges.  Vous l’aurez compris, si l’on vous parle de lettre de Cracovie, ce n’est sûrement pas bon signe !

2 – Peigner la Girafe

Cas d’usage : « Il passe ses journées à peigner la girafe, je ne pense pas que ça ne le fatigue beaucoup ! »

Mais quelle girafe a bien pu inspirer cette expression ? Il s’agit de la première girafe ayant posé le pied en Europe en 1827. Après un long voyage en mer depuis Alexandrie dont elle a pu profiter en regardant par le trou dans le pont spécialement aménagé pour elle, elle a parcouru la France sous un imperméable jusqu’à la ménagerie royale. L’un de ses soigneurs est resté avec elle. Chaque jour, il l’étrillait sous les regards des visiteurs pour qui cette tâche devait sembler peu fatigante, à tel point que cette expression désigne désormais le fait de ne rien faire de son temps.

3 – Un ménage Popincourt

Cas d’usage : « On les entend dans tout l’immeuble, on dirait vraiment un ménage Popincourt »

Qu’est-ce qu’on fait les ménages de Popincourt pour mériter cette expression ? A la fin du XIXe siècle, habiter rue Popincourt, dans l’actuel 11eme arrondissement, n’était pas aussi cool qu’aujourd’hui. Ses habitants avaient mauvaise réputation et loin d’être discrets, ils partageaient leurs désaccords conjugaux avec tout le voisinage. Un vaudeville au nom éponyme a popularisé l’expression. Si l’un de vos voisins vous laisse un petit mot dans l’ascenseur en reprenant cette expression, vous pourrez peut-être en déduire qu’il a les mêmes lectures que vous !

4 – Attraper la fièvre de Bercy

Cas d’usage : « Elle ne marche pas droit, ça ne m’étonnerai pas qu’elle ait la fièvre de Bercy »

Mais qu’est-ce qu’on attrapait à Bercy ? C’est l’une des étapes d’une partie des vins qui accostaient au port de la Rapée. Ils s’y acquittaient de l’octroi, et oui il était déjà de question de fiscalité dans cette zone là à l’époque. Les dimanches et jours de fête les parisiens se retrouvaient dans les nombreuses guinguettes des environs pour s’enivrer avec « purée de septembre » affranchie de taxes qui finissait par leur donner la « fièvre de Bercy » entre deux courses de tonneaux.

5 – S’aimer jusqu’à la folie mais se quitter à Vaugirard

Cas d’usage : « Cette nuit, je t’aime jusqu’à la folie mais je te quitte à Vaugirard ».

Mais quel était la profondeur de cet amour ? Concrètement, « La Folie » était le surnom d’une riche maison de campagne qui se dressait rue Lecourbe dans le 15e arrondissement. Or cette maison était la dernière du village de Vaugirard. Vous l’aurez compris, cette expression désignait les amours de courte durée. Si vous l’entendez un jour, vous saurez à quoi vous en tenir !

Source : Ça se bouscule au portillon ! Mots et expressions cocasses ou pittoresques nés à Paris, Dominique Lesbros, Editions Parigramme, 2017